23/09/2026 · Droit des sociétés

Créer une SCI familiale : intérêts et fonctionnement

Écarter les rigidités de l'indivision

Contrairement à l'indivision, la SCI exclut la vente forcée du bien et laisse les statuts fixer les règles de majorité pour les décisions courantes, sans possibilité pour un associé majoritaire d'imposer une dissolution anticipée.

100 000 € et 31 865 € renouvelables tous les 15 ans

La donation de parts sociales bénéficie des abattements de droit commun — 100 000 € par parent et par enfant, 31 865 € pour les petits-enfants — renouvelables tous les 15 ans.

Une responsabilité indéfinie des associés

Les associés répondent indéfiniment des dettes sociales, à proportion de leur part dans le capital et sans solidarité entre eux, un créancier ne pouvant agir contre l'un d'eux qu'après avoir vainement poursuivi la société.

La société civile immobilière (SCI) familiale est une SCI classique dont les associés sont unis par un lien de parenté ou d’alliance. Elle permet aux membres d’une même famille d’être propriétaires, dans des proportions égales ou différentes, et de gérer ensemble un ou plusieurs biens immobiliers dans un but non commercial — qu’il s’agisse d’une maison de famille dans l’Indre, d’un appartement à Châteauroux ou d’un bien donné en location. Sa création ne doit toutefois pas être décidée à la légère : selon les situations, elle présente des avantages comme des inconvénients.

Une société civile régie par le Code civil

La SCI familiale est soumise aux dispositions communes à toutes les sociétés, prévues aux articles 1832 et suivants du Code civil, ainsi qu’aux règles propres aux sociétés civiles, fixées aux articles 1845 et suivants du même code. Son objet doit demeurer civil : il est limité à la gestion d’un patrimoine immobilier, l’achat d’immeubles en vue de leur revente en l’état constituant au contraire une activité commerciale qui lui est fermée à titre principal.

Deux associés suffisent à sa constitution ; il peut s’agir de personnes physiques ou morales, et la société réunit des membres d’une même famille et alliés jusqu’au quatrième degré. Chaque associé effectue un apport — immeuble apporté en nature ou somme d’argent apportée en numéraire — en contrepartie duquel il reçoit des parts sociales, le montant du capital social étant librement déterminé. La SCI familiale présente une particularité notable : demeurant assimilée à un bailleur particulier, elle bénéficie, pour la durée de ses baux d’habitation, d’un régime plus favorable que celui d’une société ordinaire. Elle perd en revanche son caractère familial dès l’entrée d’un associé dépourvu de lien de parenté ou d’alliance avec les autres.

L’intérêt premier : écarter les rigidités de l’indivision

Lorsque plusieurs personnes détiennent ensemble un même bien, le régime légal de l’indivision s’applique. Les actes d’administration y requièrent l’accord d’indivisaires représentant au moins les deux tiers des droits indivis, et les actes de disposition, telle la vente de l’immeuble, l’accord de tous (article 815-3 du Code civil). En outre, nul ne pouvant être contraint de demeurer dans l’indivision, le partage peut toujours être demandé, au besoin par voie judiciaire (article 815 du Code civil).

La SCI offre un cadre plus stable. Instituée pour une durée fixée par les statuts dans la limite légale (articles 1835 et 1838 du Code civil), elle exclut la vente forcée du bien, et un associé majoritaire ne peut imposer aux autres sa dissolution anticipée. Les statuts peuvent prévoir que la plupart des décisions seront prises à la majorité qu’ils fixent, tandis qu’un ou plusieurs gérants, désignés dans les statuts ou par acte séparé, accomplissent les actes de gestion dans l’intérêt de la société.

Un cadre propice à la transmission du patrimoine

La donation de parts sociales bénéficie des abattements de droit commun — 100 000 euros par parent et par enfant, ou 31 865 euros pour les petits-enfants — renouvelables tous les quinze ans. La transmission peut ainsi être fractionnée dans le temps afin d’ajuster la valeur donnée à ces abattements. Les parents peuvent également se réserver l’usufruit des parts : l’assiette fiscale est alors limitée à la valeur de la nue-propriété et, au décès des usufruitiers, les nus-propriétaires deviennent pleinement propriétaires des parts sans droits de succession à régler. Enfin, si la société a souscrit un emprunt pour financer l’acquisition du bien, la valeur des parts transmises tient compte de ce passif.

Responsabilité des associés et fiscalité

Les associés répondent indéfiniment des dettes sociales, proportionnellement à leur part dans le capital, sans solidarité entre eux ; un créancier ne peut en outre agir contre un associé qu’après avoir vainement poursuivi la société. Sur le plan fiscal, la SCI relève par défaut de l’impôt sur le revenu, chaque associé étant imposé sur sa quote-part de bénéfices, distribuée ou non. Elle peut opter pour l’impôt sur les sociétés, cet assujettissement devenant obligatoire lorsqu’elle exerce une activité commerciale, telle la location meublée, au-delà d’un caractère accessoire. Certaines limites méritent d’être soulignées : l’abattement sur la résidence principale prévu en matière d’impôt sur la fortune immobilière, ainsi que celui applicable à la transmission par succession de la résidence principale, ne jouent pas lorsque le bien est détenu au travers d’une SCI, et l’exonération partielle du pacte Dutreil n’est pas ouverte aux sociétés ayant pour objet la gestion de leur patrimoine immobilier.

Le rôle du notaire dans la constitution

Les statuts, véritable contrat de société, doivent impérativement être rédigés par écrit ; leur rédaction, assez libre, gagne à organiser avec précision les pouvoirs du gérant, les règles de majorité lors des votes et l’agrément des cessions de parts. Lorsqu’ils constatent l’apport d’un immeuble, et chaque fois qu’il y a matière à publicité foncière, ils doivent revêtir la forme authentique. Le notaire, à Châteauroux comme dans l’ensemble du département de l’Indre, procède également aux formalités consécutives à la constitution, telles que l’enregistrement des statuts et la publicité légale.

Sources

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Questions fréquentes

Combien d'associés faut-il pour créer une SCI familiale ?
Deux associés suffisent pour constituer une société civile immobilière, la loi ne fixant ni nombre maximal ni condition de nationalité. La SCI familiale réunit des membres d'une même famille et alliés jusqu'au quatrième degré, et un mineur peut en être associé.
Quelle est la fiscalité d'une SCI familiale ?
La SCI relève par défaut de l'impôt sur le revenu : chaque associé déclare la quote-part de bénéfices correspondant à sa participation au capital, qu'elle soit distribuée ou non. La société peut opter pour l'impôt sur les sociétés, un choix qui devient obligatoire en cas d'activité commerciale prépondérante.
Faut-il un notaire pour créer une SCI familiale ?
Les statuts doivent impérativement être rédigés par écrit et leur rédaction peut s'avérer délicate. Lorsqu'ils constatent l'apport d'un immeuble, et chaque fois qu'il y a matière à publicité foncière, ils doivent faire l'objet d'un acte authentique reçu par un notaire.

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